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Ce texte est repris du n°34 (mai 2003) de La Lettre des militant-e-s syndicalistes libertaires (voir dans notre rubrique "Liens")

 
Grève générale

TOUT DEMEURE POSSIBLE !
 

Après la puissante démonstration de force du mardi 13 mai, la seule question qui se pose est, pour nous, de savoir comment oeuvrer au déclenchement d'une grève générale et faire chuter le gouvernement Raffarin.

Une chose est sûre ; ce n'est ni Force Ouvrière, ni Solidaires et encore moins la CNT qui ont les clés de démarrage d'un tel mouvement. Si la CGT le décide, elle est bien la seule force syndicale capable d'impulser et de structurer la grève générale, un nouveau "95" et plus... Mais c'est aussi la seule organisation syndicale qui est capable de bloquer le déclenchement du mouvement ! Et tout le problème est là. Aujourd'hui le double langage de l'appareil cégétiste ne trompe personne, pas même des dizaines de milliers de militantes et militants de la CGT qui s'affairent à mettre la pression sur leur appareil confédéral et avec qui tous les autres militant-e-s syndicalistes doivent être solidaires.

 

 

 

En effet, dans de nombreux secteurs et localités, des syndicats CGT refusent de se conformer aux consignes de leur centrale, c'est-à-dire d'attendre la manifestation du 25 pour une hypothétique grève générale le 3 juin, tel que cela a été annoncé par le Bureau confédéral CGT (et pourquoi pas une grève générale à partir du 15 août ?). Et que l'on ne nous fasse pas encore le coup de nous accuser de "diviser" parce que nous formulons des critiques - que nous estimons complètement justifiées - alors que c'est bien, actuellement, la "direction" cégétiste qui, par ses louvoiements, prend une lourde responsabilité dans les chances de réussite au d'échec du déclenchement de la grève générale. La vérité, c'est que les pseudo "modernistes" de la CGT, conglomérat d'anciens staliniens recyclés à la sauce de la social-démocratie voire de l'idéologie libérale, sont incapables de concevoir une lutte de rupture posant clairement la question de la répartition des richesses. Car il ne faut pas se leurrer, derrière la question des retraites, c'est bien un choix entre, soit :

1° l'acceptation de l'économie de marché et de profit, des inégalités sociales et économiques ; soit :

2° le refus de ce "jeu" et une offensive de classe contre le patronat pour lui reprendre ce qu'il nous vole - depuis des années - et pour permettre du même coup à nos régimes de retraites par répartition de ne connaître aucune difficulté d'équilibrage !

Nous ne vous surprendrons pas en vous disant que nous avons choisi pour notre part la seconde option ! Nous ne voyons pas d'autres explications au fait que certains, dans la CGT, continuent encore à s'interroger sur la question des 37,5 ou des 40 annuités de cotisations ! S'ils en sont encore là, c'est qu'ils ont perdu toute conscience de classe et toute volonté de se battre contre le capitalisme. C'est qu'ils sont tout aussi prêts que les "dirigeants" de la CFDT à trahir les salariés, voire à monnayer des acquis sociaux contre une nouvelle reconnaissance institutionnelle.

Mais qu'il prennent garde, car la dynamique spontanée du mouvement qui est en train de se construire est évidente. Partout, les Assemblées Générales se multiplient, en cherchant aussi à se coordonner. Elles rassemblent grévistes, syndiqués, non syndiqués, délégués de syndicats ou représentants d'instances fédérales et départementales. C'est à cette coordination que nous devons travailler, pour que chaque AG de secteur puisse démocratiquement décider de la suite du mouvement, des revendications, en connaissance de ce que font les autres AG. Peu importe les formes organisationnelles que prennent ces structures de coordination.

Si nous parvenons à structurer cette coordination, sur le principe de l'auto-organisation de la lutte, la "direction" confédérale de la CGT sera effectivement débordée et la "dérive anarcho-syndicaliste" du mouvement, cette dérive que d'élégants chroniqueurs médiatiques ne cessent de redouter, sera une réalité, pour notre plus grand plaisir !

Jélif (militant Cgt-FO)