Jeudi 3 Juin 2004

 

 

 

 

Introduction

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Il nous a semblé important et urgent d'organiser une conférence sur le thème de la sécurité sociale pour une raison bien évidente : encore une fois, comme pour les retraites et le régime d'indemnité des intermittents, on nous rejoue le couplet de la réforme nécessaire, du déficit qui voue à une mort certaine le dispositif de protection sociale. On veux encore une fois nous faire "voir les choses en face", nous rendre "responsables", on nous demande d'être "lucides". Et bien ce soir nous allons essayer de l'être.

Voir la réalité des choses, être lucide (c'est à dire voir les conditions de vie des travailleurs se dégrader, voir des budgets faramineux attribués aux ministère de l'intérieur et de la défence, se dire qu'il y a peu la secu était excédentaire, voir que ce qui était possible dans la France affamée et dévastée de 1945 doit toujours l'être aujourd'hui, voir qu'une politique massive de retour à l'emploi pourrait tous nous mettre à l'abris de la misère …) c'est aussi placer le débat sur le terrain de la morale, du bon sens et des choix politiques. Car c'est bien de bon sens et de morale dont il sagit : comment peut-on opposer à la misère des gens des considérations budgétaires? Parce que l'argent manque nous répondra-t-on? Parce que plus d'argent consacré aux solidarités collectives c'est moins d'argent pour les patrons, donc moins d'emplois et plus de précarité? Et bien c'est faux. Face à des arguments de bon sens et de morale, les gouvernements et les appareils ne peuvent que nier les évidences et mentir au peuple, sans cesse et à grand coup de renforts médiatiques, pour conserver leur rôle dirigeant et mettre à mal ce qu'il nous reste de solidarité collective. Les arguments soit disant rationnels du gouvernement et de tous les appareils politiques et syndicaux qui soutiennent ou cautionnent les réformes prévues de la secu ne sont que des caches sexe. Il s'agit bel et bien de véritable changement de société qu'on cherche à nous imposer, avec moins de solidarité et plus de marché, avec plus de pauvres malades et plus de riches en bonne santé. La sécurité sociale nous appartient. Rendons la aux travailleurs. Faisons en sorte qu'elle soit ce qu'elle doit être, une organisation gérée par les travailleurs et les usagers.

Nous remercions Charles Huard d'être venu ce soir nous éclaircir sur le sujet. Il a lui aussi de nombreux arguments rationnels à opposer aux positions immorales des réformateurs de notre système de protection sociale.