e-mail : liberturiges@ouvaton.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 De la misère humaine en milieu publicitaire, comment le monde se meurt de notre mode de vie
Groupe Marcuse

Le mouvement anti-pub est-il soluble dans les médias ? Oui, à condition d'en restreindre la portée et d'en détourner le sens. C'est bien la façon dont les médias ont aseptisé cette contestaion jusqu'à la rendre inoffensive. Présentée comme une rebellion juvénile contre les excès de la publicité (sexisme, dégradation des paysages, etc.), elle a donné l'occasion aux professionnels du décérébrage de nous promettre plus d'autodiscipline et d'éthique dans leur activité… bref, de ne surtout rien changer. Car pour les antipubs, il ne s'agissait pas tant de contester de prétendus excès que de critiquer radicalement le consumérisme, ce mode de vie conditionné par le harcélement publicitaire pour écouler la production industrielle. Dans cet ouvrage simple, sans pour autant céder au simplisme, le Groupe Marcuse mobilise avec beaucoup de pédagogie connaissances historiques, sociologiques, psychologiques, philosophiques et économiques. Un travail interdisciplinaire extrêment fécond qui fait ressortir le caractère global des nuisances publicitaires et ses liens avec la prédation capitaliste.

On y apprend ainsi comment la propagande marchande entretient massivement notre frustration en nous faisant vivre au-delà de nos besoins mais toujours en-deçà de nos désirs, par quels mécanismes elle réduit notre horizon à la consommation permanente, mais aussi comment elle met en danger la démocratie, la liberté d'information, notre santé et notre environnement. La démonstration est implacable. On regrettera cependant l'abus de raccourcis très publicitaires : " philosoft ", " Pieds-Nike-Laids " et autres mots d'esprits parsèment un ouvrage qui hésite constamment entre dénonciation pamphlétaire et analyse rigoureuse. L'exposition de la vérité suffit pourtant à accuser le réel d'une manière bien plus radicale que tous les effets de manches. Mais les éditeurs sont devenus friands de ces formats courts et incisifs qui attirent les acheteurs. Une concession au marketting que même les plus contestaires doivent subir s'ils veulent être entendus au-delà des cercles militants… au risque de compromettre le sérieux de leur démarche en prêtant le flanc aux accusations de facilité. L'équilibre est délicat et le Groupe Marcuse s'en sort, en définitive, plutôt très bien.

De la misère humaine en milieu publicitaire, comment le monde se meurt de notre mode de vie, Groupe Marcuse, éditions La Découverte, septembre 2004, 139 pages, 7,50 euros.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

T.A.Z, Zone Autonome Temporaire
Hakim Bey

La TAZ (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des "Utopies pirates" du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, "apparaissant-disparaissant" pour mieux échapper aux Arpenteurs de l'Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l'espace, le temps ou l'imaginaire, et se dissout dès lors qu'il est répertorié. La TAZ fuit les TAZs affichées, les espaces "concédés" à la liberté : elle prend d'assaut, et retourne à l'invisible. Elle est une "insurrection" hors le Temps et l'Histoire, une tactique de la disparition.

Le terme s'est répandu dans les milieux internationaux de la "cyber-culture", au point de passer dans le langage courant, avec son lot obligé de méprises et de contresens.

La TAZ ne peut exister qu'en préservant un certain anonymat ; comme son auteur, Hakim Bey, dont les articles "apparaissent" ici et là, libres de droits, sous forme de livre ou sur le Net, mouvants, contradictoires, mais pointant toujours quelques routes pour les caravanes de la pensée. Un ouvrage incontournable pour ceux qui veulent comprendre quelque chose aux nouvelles formes de contestations radicales.
T.A.Z, Zone Autonome Temporaire, Hakim Bey, éditions de l'Eclat, mai 1997. Librement téléchargeable sur http://www.lyber-eclat.net/lyber/taz.html

 

 

 

 

 

 

 

 Le ministère de la peur
Sylvie Tissot et Pierre Tévanian

Selon médias, politiques et autres sociologues, nous sommes cernés par la violence. Soit. Mais encore faut-il savoir de quelle violence on parle, et de quelle autre on ne parle pas. Malgré la multiplication des discours alarmistes, l'idée répandue d'une recrudescence de la violence est en effet loin d'être démontrée. Tout dépend des indicateurs. Aux chiffres, aux sondages, on peut toujours faire dire ce que l'on veut entendre ou faire entendre à des fins réactionnaires. Le vocabulaire utilisé est révélateur des manœuvres opérées. On parlera tantôt de bavure pour qualifier un homicide, tantôt on appellera premier stade de la violence toute réunion de sauvageons dans une cage d'escalier. Quant aux banlieues, assimilées à des ghettos, il serait temps selon d'éminents spécialistes d'en amorcer rien moins que la reconquête territoriale. Voilà comment on entretient un fantasme, et comment un gouvernement de gauche se réconcilie avec certaines idées extrémistes qu'il aurait désavouées il y a quelques années.

L'insécurité ne règne pourtant pas forcément où on nous la montre. Les commissariats, les centres de rétention et les entreprises sont autant de zones de non-droit, où se multiplient agressions - morales ou physiques - et délits quotidiens que la justice passe sous silence de manière inadmissible. "Un patron qui cause la mort d'un de ses employés par négligence est moins sanctionné qu'un voleur d'autoradio", résume un inspecteur du travail. Documents officiels et citations à l'appui, Sylvie Tissot et Pierre Tévanian rétablissent l'équilibre entre le bourrage de crâne et le non-dit.
Le Ministère de la Peur, P.Tévanian et S.Tissot, éditions Dagorno, collection L'esprit frappeur, 2004, 8 euros.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et pourtant, ils en ont essuyé des tempêtes ! De la fin XIX ème siècle aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, les anarchistes ont été de tous les combats, de toutes les luttes sociales, de toutes les principales révolutions. Toujours avec ce même espoir d'abolir définitivement les pouvoirs de toutes sortes. Souvent dans le drame, la douleur et le sang.

Mais les anarchistes ont la vie dure. La preuve, au XXI ème siècle, !es " anars " sont encore debout. Certes, leurs organisations n'ont peut-être plus la vigueur d'antan. Mais leurs idées voyagent dans toute la société contemporaine. Et si l'on ausculte les mouvements contestataires de notre époque, on y décéle toujours une bonne dose d'anarchisme.

Qu'il s'agisse de la protestation des chômeurs, des manifestations contre la mondialisation à Nice ou à Seattle, de la marche des zapatistes, des diatribes d'un José Bové ou d'un chant rebelle des Noir Désir..., l'esprit libertaire est là.
Comme le nom de sa collection l'indique, ce livre ne vise que l'essentiel. II n'était pas possible en moins de 64 pages de répertorier toutes les expériences anarchistes internationales, le nom de tous les personnages emblématiques ni d'approfondir certaines valeurs ou nuances idéologiques. Cet ouvrage veut surtout livrer tous les éléments de base qui permettront de mieux comprendre la place actuelle et future de l'anarchisme dans une société en quête de politiques alternatives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le socialisme dans le Cher

Claude Pennetier

La tradition politique de gauche n'a cessé de s'affirmer dans le Cher. En historien, Claude Pennetier part à la recherche des origines de cette orientation. L'ouvrage retrace soixante-dix ans d'histoire du mouvement ouvrier et socialiste : des sociétés secrètes de 1851 " Les Mariannes ", aux conséquences du Congrès de Tours (décembre1920), en passant par l'écho de la Commune de Paris, les grandes grèves des bûcherons (1891-1892), la constitution par Edouard Vaillant d'un mouvement socialiste organisé et la lutte contre l'Union Sacrée pendant la première Guerre mondiale.

A travers l'histoire particulière d'un département français, l'auteur contribue à la compréhension de la scission de Tours qui a vu se séparer socialistes et communistes.

Editions Delayance / Maison des Sciences de l'Homme, 1982. 306 p.

Claude Pennetier a soutenu une thèse de 3ème cycle sur Le socialisme dans les départements ruraux français : l'exemple du Cher. Prenant la succession de Jean Maitron, il est le directeur du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier. Il était présent à Bourges pour animer une conférence à l'occasion de la fête du 1er mai du mouvement social, en 2002.

 

 

 

 

 

 

Histoire du négationnisme en France

Valérie Igounet 

 

A la suite de Maurice Bardèche, Paul Rassinier, Robert Faurisson, des hommes, remettant en cause l'authenticité de la Shoah, se sont prévalus du terme de " révisionnistes ". Les historiens leur ont opposé - leur travail étant révisionniste par définition - le mot " négationnistes ".

Cette histoire est l'histoire d'un délire, mais, comme tout délire, bâti sur une démarche rationnelle. Cependant, derrière cette apparente folie interprétative, un des buts politiques ne tarde pas à se révéler : il s'agit, en France comme dans les autres pays où le négationnisme s'est répandu, de nier les fondements historiques de l'Etat israélien.

Cet ouvrage retrace avec minutie la genèse d'une idéologie et ses variations dans le temps et dans l'espace. La soutenance d'une thèse d'histoire par l'auteur en est l'origine.

Editions du Seuil, 2000, 692 p.

 

 

 

 

 Le train des fous

Pierre Durand

 

Le Train des fous est le récit d'un drame généralement ignoré, parce que tu. I1 s'agit de l'abandon à la mort d'êtres humains : 10 000 de plus que n'en condamnait la mortalité ordinaire dans les hôpitaux psychiatriques, pendant la seconde guerre mondiale. Le Train des fous est un roman. II est cependant bâti sur des faits réels et résulte d'une longue enquête dans le plus grand des établissements psychiatriques : celui de Clermont-de-l'Oise. " Laissez-les mourir " aurait pu être le mot d'ordre du gouvernement de collaboration d'alors. Comment cela fut-il possible ? Et pour quelles raisons ? C'est ce à quoi s'attachent Pierre Durand bien sûr et aussi les textes qui entourent le roman: ceux de Patrick Tort, de Lucien Bonnafé et d'Armand Ajzenberg.

Quand en 1988 paraît Le Train des fous, un éminent historien nie la responsabilité de Vichy dans ce drame. Il avance pour l'expliquer, l'argument du contexte historique. I1 lui aura fallu cependant, pour rendre crédible son argumentation, éliminer des faits : d'abord les réticences vichystes à donner aux malades mentaux des suppléments alimentaires (représentant 1,25 calorie - moins d'un gramme de pain - par Français et par jour), suppléments qu'il accordait aux malades des hôpitaux généraux. Ensuite il lui faudra éliminer les idéologies qui feront que les élites vichystes de 1940 à 1945, aient pu, sans décrets exterminatoires, choisir la façon la plus " économique " (l'expression est d'Alexis Carrel) de traiter les fous : par la faim et le froid. Une telle manière de fabriquer l'histoire conduirait, si on l'acceptait, à ce qu'entrent dans celle du temps présent, comme " morts sans intérêt ", ceux qui pendant la seconde guerre étaient " des malades sans intérêt ".

Editions Syllepse. Mars 2001. 194 p. 13,72 €

 

 

 

 De la Religion,
Dieu est-il immoral ?

Mark Twain

Mark Twain, journaliste, romancier et humoriste américain s'est aussi illustré comme pamphlétaire. La satire qu'il nous livre ici est d'ailleurs d'une virulence telle qu'il en avait interdit la publication pour les quatre siècles à venir.
L'auteur s'en prend violemment à Dieu en démontant habilement les fondements même du christianisme. Il y fustige les incohérences de la Bible, les massacres commis au nom du Christ et s'élève notamment contre la notion du péché originel.
Pourtant, Mark Twain est un croyant convaincu et c'est sa connaisance approfondie de la Bible qui donne toute la profondeur à son propos.

Il élabore ainsi la critique " objective d'une religion pleine de paradoxes." Il conclut par l'immortalité de Dieu, précisant que "nous le considérons comme la source de la morale, alors que Son histoire et Son comportement quotidien démontrent qu'il est complètement dénué de morale." Le concept de Dieu est attaqué avec une violence égale à la colère de l'auteur.
Malgré quelques contradictions, ce texte, clair et incisif, est toujours d'actualité. En 1906, Mark Twain constatait déjà qu'"en matière de religion L'Histoire le montre, nous progressons à reculons et pas autrement."

Editions l'Esprit Frappeur, 63 pages 1,52 euros

 

 

Les Prisons de la misère

Loïc Wacquant

«Dénonciation des "violences urbaines", quadrillage intensifiée des quartiers dits sensibles, répression accrue de la délinquance des jeunes et harcèlement des sans-abri, couvre-feu et "tolérance zéro", gonflement continu de la population carcérale, surveillance punitive des allocataires d'aides: partout en Europe se fait sentir la tentation de s'appuyer sur les institutions policières et pénitentiaires pour juguler les désordres engendrés par le chômage de masse, l'imposition du salariat précaire et le rétrécissement de la protection sociale. Cet ouvrage retrace les voies par lesquelles ce nouveau "sens commun" punitif, élaboré en Amérique par un réseau de thinks tanks néo-conservateurs, s'est internationalisé, à l'instar de l'idéologie économique néo-libérale dont il est la traduction en matière de "justice".

Le basculement de l'Etat-providence à l'Etat-pénitentiaire annonce l'avénement d'un nouveau gouvernement de la misère maniant la main invisible du marché du travail déqualifié et dérégulé au poing de fer d'un appareil pénal intrusif et omniprésent. Les Etats-Unis ont clairement opté pour la criminalisation de la misère comme complément de la généralisation de l'insécurité salariale et sociale. L'Europe est aujourd'hui confrontée à une alternative historique entre la pénalisation de la pauvreté et la création d'un Etat social continental digne de ce nom.»

Éditions Raisons d’Agir 6 euros

 

 

 Pour en finir avec la prison

Alain Brossat

La question est donc posée : l’état d’exception permanent qui se constate dans les prisons françaises est-il lié à des effets de conjoncture ou à des « pesanteurs » diverses(manque de moyens, routines, négligences…) ou bien s’agit-il d’un état institué des choses, destiné à reproduire des effets politiques ou idéologiques réglés ? En d’autres termes, quelles sont les limites d’une approche humanitaire des prisons qui en envisage l’état toujours sous l’angle de la souffrance des détenus et e la réforme salvatrice perpétuellement reportée au lendemain et jamais sous celui de la violence de l’état ?

Il apparaît plus nécessaire que jamais de tenter de reconstituer un espace critique autour de la question de la prison en France -de repolitiser la question- ce qui dans le passé, a toujours été la condition première pour que les pouvoirs publics prennent en compte ce qui, dans l’ordre pénitentiaire, fait interminablement scandale. C’est à réactualiser les questions telles que « à quoi servent les prisons ? » (posée déjà par Michel Foucault il y a trente ans) ou « Comment décarcériser nos sociétés ? » que veut contribuer cet essai. Tant il est vrai que l’état d’exception permanent dans lequel persistent nos prisons en dit long sur ce qui fait règle dans nos sociétés.

La Fabrique 112 pages 12 euros

 

 

Les origines du totalitarisme

Hannah Arendt

La collection Quarto Gallimard a pris l'excellente initiative de regrouper en un seul volume les trois parties des Origines du totalitarisme avec Eichmann à Jérusalem.
C'est surtout à ses deux premières parties (L'antisémitisme et L'impérialisme) que Les origines du totalitarisme doit son titre. Dans L'antisémitisme, Hannah Arendt analyse les causes de l'idéologie antisémite à la fin du XIXe siècle et consacre notamment un long et passionnant chapitre à l'affaire Dreyfus en France. Dans sa deuxième partie, L'impérialisme, elle éclaire de façon très pertinente ce que les deux régimes totalitaires européens, le nazisme et le stalinisme, doivent aux impérialismes continentaux, pangermanique et panslave respectivement.

Quant au Totalitarisme, la troisième partie, il s'agit avant tout d'une analyse du fonctionnement des systèmes totalitaires et une explication de ce qui les différencie de régimes plus traditionnellement autoritaires (comme le fascisme par exemple).
Le Totalitarisme débouche sur le concept de " mal radical ", concept qu'Hannah Arendt sera amenée à nuancer par celui de " banalité du mal " après qu'elle ait couvert le procès d'Eichmann à Jérusalem pour une revue américaine. Elle découvre en effet en Eichmann un fonctionnaire dévoué à sa hiérarchie et à son plan de carrière, qui ne se pose guère de questions sur les conséquences de ses actes tout simplement par manque d'imagination. Eichmann à Jérusalem suscitera énormément de polémiques à sa sortie en raison de la responsabilité qu'Hannah Arendt attribue aux Conseils Juifs dans la Shoah.

Gallimard, 1.618 pages, 32 illustrations, 30 euros)

 

 

Le code noir

En 1685, l'année même où il abrogeait l'édit de Nantes, Louis XIV édictait une réglementation de la pratique de l'esclavage dans les possessions françaises, connue sous le nom de Code noir.

Élaboré par les services de Colbert, le texte, dans sa froideur et sa précision toutes administratives, jette une lumière crue et terrible à trois siècles de distance sur la condition des Noirs asservis dans les colonies de la France de l'époque. Malgré son horreur implicite, il constitue néanmoins une première tentative pour réglementer le pouvoir des maîtres sur leurs esclaves.

À ce double titre, le Code noir est un document capital en cette année de célébration de l'abolition de l'esclavage, dans le cadre d'une réflexion sur la responsabilité de la France dans cette tragédie historique qu'a été la traite des Noirs.
Le Code noir de 1685 est accompagné de sa version modifiée en 1724.

L'esprit frappeur 1,52 €

 

 

 

 

 Modernité et Holocauste

Zygmunt Bauman

Traduit de l'anglais par Paule Guivarch 

Récusant deux lieus communs de l'approche du judéocide -la notion d'une tragédie interne à l'histoire juive ou n'affectant que la vie juive et celle d'un accident de parcours de la civilisation occidentale -Modernité et Holocauste analyse la « rencontre unique » entre des facteurs généraux, courants et, pour tout dire, « normaux » de la modernité et une forme de criminalité sans précédent dans l'histoire de l'Occident. Loin de constituer une aberration inexplicable dans le cours de l'évolution sociale, économique, culturelle et politique, le génocide entretient d'étroites affinités entre les traits dominants du processus civilisateur en Europe occidentale. Cet essai étudie avec une attention toute particulière la façon dont la perpétration du génocide industriel calque ses procédures et ses dispositifs sur les schèmes de l'action rationnelle dans les états développés -dans les domaines administratif et économique notamment.

Analysant l'holocauste comme un « test de modernité », Auschwitz comme une « extension du système industriel moderne », les criminels nazis comme des personnalités ordinaires saisies par la dynamique et le dispositif général de l'extermination, ce livre travaille à installer -quoi qu'il doive en coûter aux amateurs contemporains de souffrance narcissique- le génocide au cœur et non en marge du processus de modernisation. Nul doute qu'il soit appelé à susciter en France, comme dans tous les pays où il a été publié, une ample discussion.

La fabrique 14,5 €

 

 

L’Ordre moins le pouvoir

Histoire & actualité de l’anarchisme

 Normand Baillargeon

 

Militant anarchiste, Normand Baillargeon enseigne les fondements de l’éducation et la muséologie à l’université du Québec à Montréal.

« Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos voire à un terroriste. Or, il faut bien le dire : rien n’est plus faux que ce contre-sens qui résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l’idée d’anarchisme. En première approximation, disons que l’anarchisme est une théorie politique au coeur vibrant de laquelle loge l’idée d’antiautoritarisme, c’est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d’autorité et de pouvoir.

Une vieille dame ayant combattu lors de la Guerre d’Espagne disait le plus simplement du monde : “Je suis anarchiste : c’est que je n’aime ni recevoir, ni donner des ordres.” On le devine : cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l’a donc ni pardonné ni admis. »

Agone 9,50 €

 

 

 

 

 

 

Hommage à la Catalogne

George Orwell

La guerre d'Espagne à laquelle Orwell participa en 1937 marque un point décisif de la trajectoire du grand écrivain anglais. Engagé dans les milices du Parti Ouvrier d'Unification Marxiste (POUM), le futur auteur de 1984 connaît la Catalogne au moment où le souffle révolutionnaire abolit toutes les barrières de classe. La mise hors la loi du POUM par les communistes lui fait prendre en horreur le "jeu politique" des méthodes staliniennes qui exigeait le sacrifice de l'honneur au souci de l'efficacité. Son témoignage au travers de pages parfois lyriques et toujours bouleversantes a l'accent même de la vérité. À la fois reportage et réflexion, ce livre reste, aujourd'hui comme hier, un véritable bréviaire de liberté.

Traduit de l'anglais par Yvonne Davet

(10/18, 7.17 €)

 

 

 

 

 

 

 

Les nouveaux chiens de garde

Serge Halimi 

Bas les masques ! En une centaine de pages, Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique, nous livre un brûlot décapant sur les pratiques d’une trentaine de journalistes de " connivence " et de " révérence " qui survivent à toutes les alternances politiques et industrielles. Sorte de nomenklatura médiatique qui se veut le gotha de la profession, ils ne sont - citations à l’appui dont l'énoncé suffit à la démonstration - que les haut-parleurs, les " nouveaux chiens de garde " du système dominant : " le marché ".

Les nouveaux chiens de garde. Serge Halimi. Edition Liber. 30 F.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stop quelle violence ?

Sylvie Tissot et Pierre Tévanian

Nous sommes cernés par la violence. Soit. Encore faut-il savoir de quelle violence on parle.

En analysant la dérive sécuritaire de la nouvelle gauche et les mécanismes de manipulation de l'opinion, Sylvie Tissot et Pierre Tévanian posent la vraie question : à qui profite vraiment le sentiment d'insécurité ? À l'ensemble de la population, ou bien à quelques «experts» médiatiques et hommes politiques dont on s'aperçoit qu'ils ont des intérêts financiers dans des entreprises de sécurité ?

La violence se trouve ailleurs que dans les cages d'escaliers des HLM de banlieue. Elle est dans les tribunaux qui sanctionnent moins un patron causant la mort d'un de ses employés par négligence qu'un voleur d'autoradio.
Elle est dans les crimes policiers que l'on appelle «bavures» et dans les centres de rétention où l'on parque les immigrants. Elle est dans la pauvreté que ces dirigeants «tout-sécuritaires» imposent à ceux qu'ils condamnent ensuite.

L'esprit frappeur 1,52 €

 

 

Vos papiers !

Syndicat de la magistrature

Des policiers déguisés en cochons manifestant devant le ministère de la Justice, une plainte pour injure et diffamation envers la police déposée par le ministre de l'Intérieur: ce sont les incroyables réactions suscitées par la première édition de ce livre qui expose les règles régissant les contrôles d'identité mais également les fouilles, palpations et autres privations de liberté auxquelles peuvent mener les contrôles d'identité.

Conçu comme un guide, d'autant plus utile après le vote de la loi qui autorise désormais les vigiles à procéder à des fouilles, et les policiers et gendarmes à " visiter " tous les véhicules, ce texte s'adresse à tous ceux qui un jour peuvent s'entendre dire: "Vos papiers! "

L'esprit frappeur 2 €

 

 

 

Dictionnaire de la lepénisation des esprits

 Pierre Tévanian-Sylvie Tissot.

Lors de sa première parution, en décembre 1998, ce livre annonçait ce que peu de gens voulaient entendre, et qui s'est pourtant confirmé le 21 avril 2002: l'extrême droite n'a pas fini de percer, car tout le monde fait campagne pour elle. En effet, en accusant les immigrés ou leurs enfants de tous les maux, les plus hautes autorités politiques, médiatiques et intellectuels, de droite mais aussi de gauche, apportent aux thèses lepénistes le semblant de légitimité qui leur manque pour s'imposer. De A comme Afrique à Z comme immigation Zéro, en passant par B comme Banlieue ou I comme Islam, ce dictionnaire révèle, citations à l'appui, l'existence d'un vrai consensus, qui se traduit au quotidien par des lois et des pratiques administratives discriminatoires. Mais il s'agit aussi et surtout d'un livre de combat, qui réfute point par point ce "racisme ordinaire".

Nouvelle édition revue, corrigée et actualisée. L'esprit frappeur 5 €

 

 

 

Le monde n'est pas une marchandise

des paysans contre la malbouffe

José Bové
François Dufour

 Et si le monde paysan , réputé archaïque et conservateur,commençait à incarner la vraie modernité?
Telle est bien la question qu'a posée l'extraordinaire écho rencontré depuis l'été 1999 par l'action symbolique du "démontage" du Mac Donald's de Millau : cette initiative de la Confédération paysanne visait à dénoncer la "malbouffe"produite par l'agriculture industrielle et la mondialisation incontrolée.
Mais elle était aussi porteuse d'une alternative celle d'une "agriculture paysanne" proche des préoccupations des consommateurs.
C'est cet espoir qu'incarne aux yeux des médias José Bové,éleveur de brebis du Larzac, incarcéré à la suite de l'action de Millau et libéré à l'issue d'une étonnante campagne de mobilisation à l'échelle internationale.

Pour autant, il est loin d'être le seul dans son combat.Avec François Dufour, porte parole de la Confédération paysanne, il s'en explique dans ce livre- évènement.
Revenant sur l'été 1999, ils racontent,de façon très vivante, comment ces actions s'inscrivent dans le mouvement engagé depuis plus de vingt ans par un nombre croissant d'agriculteurs : ceux qui ont rompu avec le productivisme à outrance prôné par l'Union européenne, qui refusent la désertification des campagnes et la surproduction de viandes, de fruits et de légumes sans goût ou immangeables.
Surtout, ils explorent les voies de l'avenir : produire mieux et autrement; créer de nouveaux emplois paysans; préserver l'environnement et les ressources naturelles. Et les moyens d'y parvenir : par l'alliance paysans-consommateurs-écologistes, déjà mobilisés contre les organismes génétiquement modifiés : et par la prise de conscience internationale,dont les ONG du monde entier - au premier rang desquelles la Confédération paysanne - ont donné un coup d'envoi spectaculaire à Seattle, lors du sommet de l'Organisation mondiale du commerce.

Editions La Découverte 228 p, 14,50 €

   

 

 Le Medef, un projet de société

Voltairine de Cleyre

Thierry Renard

La "refondation sociale" du Medef fait couler beaucoup d’encre. Et pourtant, peu de choses ont été dites sur la nouvelle pensée politique du patronat.
Du Pare aux retraites, en passant par de nombreux "chantiers", les négociations ont été chroniquées comme de véritables feuilletons. Mais qui se penche aujourd’hui sur la réflexion idéologique du patronat ? Qui a étudié les implications de cette nouvelle "morale du risque" qu’il appelle de ses vœux ? Qui connaît ses modèles : le président mexicain Vicente Fox ou le président du Conseil italien Silvio Berlusconi ?C’est à cette analyse inédite que se sont livrés les deux auteurs de ce pamphlet qui décrypte des écrits relativement peu diffusés des dirigeants patronaux.

 Pas de doute : derrière la "refondation sociale" voulue par le Medef, s’inscrit bel et bien un projet de société extrêmement travaillé, assumé et cohérent. Un projet qui prend l’allure d’une véritable machine de guerre contre toute forme de solidarité collective.

 Syllepse 8 €

 

 

 

 

 

  

Le groupe des Dix, un modèle syndical alternatif?

 Jean-Michel Denis

L'émergence, depuis les années quatre-vingt, de nouvelles organisations syndicales en marge des appareils confédérés a généré une nouvelle dynamique du syndicalisme autonome. L'Union syndicale - Groupe des Dix - à côté de l'Union des syndicats autonomes (UNSA), se donne pour objectif de rassembler ces syndicats sous une forme alternative au modèle confédéral.Cet ouvrage a pour ambition de dégager le sens et les causes de ces nouveaux regroupements. Car, si les syndicats autonomes cherchent par leur alliance à donner une dimension interprofessionnelle à leur pratique, il semble qu'ils soient aussi forcés de s'unir afin de faire face à des contraintes externes de nature socio-économiques et juridiques.

  S'appuyant sur une longue enquête de terrain, cette étude analyse l'organisation du Groupe des Dix, son histoire, sa structure et ses revendications, mais aussi ce mouvement plus large de déplacement du syndicalisme autonome vers ce qui constitue peut-être, une troisième voie entre autonomie classique et modèle confédéral traditionnel.
Différentes annexes complètent cette étude : les fiches d'identité des syndicats membres, la liste des sigles syndicaux et des associations, l'évolution de la composition du Groupe des Dix, l'état de constitution des syndicats Sud ainsi que des orientations bibliographiques.

2001, La Documentation française 248 pages, 16x24 cm 24,00 €

 

 

 

L’Acharnement

 Fédération Sud-Ptt (coordination)
Gilles Perrault, Annick Coupé, Jean-Louis Brochen, Jacques Gaillot, Roger Rouquette, Ligue des droits de l'Homme

 

Stupéfaction, le 1er décembre 1989, au centre de tri postal de Lille Lezennes : le directeur régional de la Poste annonce qu'il demande la révocation de sept syndicalistes et qu'il dépose plainte pour "séquestration". Dans le collimateur : un nouveau syndicat, SUD-PTT ! Pour la première fois depuis 1953 dans la fonction publique, une demande de révocation est utilisée pour sanctionner des syndicalistes dans un conflit du travail. Le nom du ministre des PTT de cette époque ? Paul Quilès, un socialiste ! Il couvrira la hiérarchie et signera les décisions de sanctions. On est loin de "Quilès tendresse", le slogan choisi par lui, lors de la campagne pour les élections municipales de 1983 à Paris...

La Ligue des droits de l'homme, considérant que les faits ne sont pas établis clairement, constitue une commission d'enquête. En conclusion de son enquête, cette commission demandera "l'arrêt de la procédure disciplinaire et le retrait de la plainte pénale". Paul Quilès, lui, persiste et signe. Il faudra, pour qu'il recule, deux années de mobilisation, l'engagement national de la Ligue des Droits de l'Homme et de nombreuses personnalités au premier rang desquelles Monseigneur Gaillot, l'Amiral Sanguinetti, l'écrivain Gilles Perrault...

À l'acharnement que le ministre mettra à maintenir des sanctions envers et contre tout, répondra l'acharnement des syndicalistes, de ceux qui les soutiennent à rétablir la vérité et défendre le droit de citoyenneté dans l'entreprise.

Mars 1993 SYLLEPSE Hors Collection 230 pages - 165x230 mm 15,24 €

 

 

 

 

Syndicalement incorrect ! Sud-Ptt : une aventure collective

 Annick Coupé, Anne Marchand

 

Ceux qui avaient été catalogués de "moutons noirs" par Edmond Maire à l’automne 1988 et poussés hors de la Cfdt ont fait leur chemin, rejoints par de nouveaux syndiqués pour qui c’est souvent la première expérience syndicale. Ce livre restitue une mémoire individuelle et collective, donne des repères pour mieux comprendre le sens de cette aventure collective, mais aussi ses limites et ses contradictions. Il donne la parole à différents observateurs qui ont pu côtoyer Sud-Ptt à un moment ou à un autre. Ce livre permet de mieux comprendre ce qui fait courir les sudistes…

  Charles Piaget, figure emblématique de la lutte des Lip en 1973, a accepté de préfacer ce livre. Il jette ainsi un pont entre les combats d’hier et ceux d’aujourd’hui, réaffirmant aussi l’urgence pour le syndicalisme de reprendre l’offensive.

Janv. 1999 SYLLEPSE Collection "Le Présent Avenir" 256 pages - 165x230 mm 18,29 €

 

 

 

 

 Un Totalitarisme tranquille,La Démocratie confisquée

 André Bellon, Anne-Cécile Robert

Préface : Henri Pena-Ruiz

Face à l’idéologie qui nous entraîne petit à petit, au nom de la modernité et de l’Europe, dans l’ “après démocratie”, l’ouvrage montre que les clés d’un renouveau de la démocratie sont à portée de main.

Févr. 2001 Syllepse Collection "Arguments et mouvements" 128 pages 6,86 €

 

 

 

 

 

  Alexandre Marius Jacob

Écrits nouvelle édition augmentée

  

Dans ce recueil d'écrits du cambrioleur anarchiste Jacob, on trouvera le récit détaillé qu'il rédigea de son arrestation et les déclarations, combatives et pleines d'esprit, qu'il fit à ses juges. On y lira, comme un roman épistolaire, ses lettres expédiées des bagnes de Guyane, puis les courriers qu'il adressa à ses amis après avoir survécu à l'enfer carcéral. Étonnante littérature où se dessine le portrait d'un irréductible qui, malgré un quart de siècle d'emprisonnement, n'a jamais cessé de s'opposer à toutes les formes de pouvoir.

 848 p. • 15 x 21• 1 CD inclus • 25 € • L'insomniaque