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La stratégie des "jalons" nous mène dans le mur

Le 6, le 13, le 19, le 25 mai, puis le 2 juin, et on ne sait quand ensuite : une succession de jours de mobilisation, ponctuels, même forts, ne sert que si elle s’inscrit dans une dynamique et une continuité d’action. Pour faire plier rapidement le gouvernement, il n’y a qu’une seule solution : une grève générale de tous les salariés – public et privé – qui va en croissant et ne cessera qu’avec le retrait pur et simple des réformes qu’on veut actuellement nous imposer. Certes, il ne suffit pas de décréter la grève pour qu’elle arrive : il faut la préparer. Attention dans ce cas de ne pas démotiver les plus bas salaires. Attention de ne pas temporiser. La hauteur de l’enjeu exige, pour ne pas s’épuiser, une riposte forte et donc rapide. La solidarité doit être organisée (caisses pour les grévistes, etc.). Chaque travailleur doit se positionner et assumer ses responsabilités dans la lutte.

Pour des AG décisionnelles
Pour la démocratie directe

Ces responsabilités, il ne peut les assumer que dans les AG décisionnelles : les personnels grévistes, syndiqués ou non, prennent les décisions sur la lutte pour ce qui les concerne, et n’entendent recevoir de consignes de personne. Ce mode de fonctionnement est déjà démocratique en soi : l’AG et les décisions qu’elle prend son légitimes.

Bien évidemment, l’AG n’a pas la prétention d’imposer ses choix aux centrales syndicales. Les relations entre AG, syndicats et intersyndicale doivent permettre une cohérence des idées et une synergie des actions. Seule la rencontre au sein des AG des travailleurs en lutte, quel que soit leur secteur d’activité, permet de démultiplier et de coordonner les actions.

Certaines règles de fonctionnement qui nous semblent de première importance sont à rappeler :

• Un gréviste = une voix. Il faut être réellement en grève pour participer. Un syndicaliste n’a pas plus de poids qu’un non syndiqué ;

• Respect des formes démocratiques : présidence de séance élue et renouvelée fréquemment ; ordre du jour voté ; tours de paroles respectés ; discussion menée jusqu’à épuisement du thème ;

• Une action doit être menée à son terme sans déroger à la décision collective. Les volontaires désignés pour telle ou telle action sont munis de mandats impératifs et précis.

La démocratie réelle est un combat de chaque instant. Une grande vigilance s’impose face aux nombreuses perversions qui peuvent s’installer, volontairement ou non : décisions ou textes élaborés en dehors de l’AG, décisions prises à la claque, permanents autoproclamés, etc.

Vos luttes vous appartiennent. C’est à vous de prendre les décisions